Les émojis : pas aussi universels qu’on le croit
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Chaque jour, des milliards d’émojis sont envoyés à travers le monde. Meta affirme que plus de 2,4 milliards de messages contenant des émojis sont échangés chaque jour rien que sur Messenger.[^14] On les retrouve dans les SMS, les courriels professionnels, les preuves judiciaires et même dans les tweets présidentiels. Pourtant, malgré leur diffusion mondiale, les émojis restent l’un des signaux numériques les plus faciles à mal interpréter selon le contexte.
D’où viennent les émojis
Le mot « emoji » est japonais : e (絵, « image ») + moji (文字, « caractère »). Contrairement à ce que supposent de nombreux anglophones, il n’a rien à voir avec le mot anglais « emotion ». La ressemblance entre « emoji » et « emoticon » n’est qu’une pure coïncidence.[^1]
L’histoire commence généralement avec Shigetaka Kurita, un artiste japonais qui a créé 176 émojis en 1999 pour le service internet mobile i-mode de NTT DoCoMo. Le défi de Kurita était de transmettre des informations dans un format limité à 250 caractères par message. Sa solution : une série d’images de 12×12 pixels inspirées par les mangas, les symboles météorologiques et la signalisation urbaine. Ces petits carrés étaient suffisamment simples pour s’afficher sur les premiers écrans de téléphones portables, mais assez expressifs pour ajouter une dimension émotionnelle que le texte brut ne pouvait offrir.[^2]
Mais l’ensemble de Kurita n’était en réalité pas le premier. SoftBank (alors J-Phone) avait déjà intégré 90 émojis sur le téléphone SkyWalker DP-211SW en novembre 1997 — y compris le désormais emblématique émoji « caca ». Plus tôt encore, des recherches récentes sur l’histoire des émojis ont mis en lumière certains appareils portables Sharp, le Sharp PA-8500 sorti en octobre 1988 contenant ce que certains chercheurs considèrent comme le tout premier ensemble d’émojis connus.[^15]
Ce qui rendait les 176 emoji de Kurita différents, c’était leur ampleur d’adoption. i-mode est devenu extrêmement populaire au Japon, les opérateurs concurrents ont repris l’idée, et au milieu des années 2000, les emoji étaient une composante standard de la vie numérique japonaise. En 2010, le Unicode Consortium — l’organisation à but non lucratif qui maintient la norme mondiale pour le texte numérique — a intégré les emoji dans la norme Unicode avec Unicode 6.0. Une documentation Unicode ultérieure indique que 722 emoji Unicode correspondaient historiquement aux ensembles des opérateurs japonais, bien que trois d’entre eux étaient en réalité des caractères d’espace plutôt que des symboles de type emoji.[^3] Au début des années 2010, les plateformes de smartphones ont contribué à propulser les emoji bien au-delà du Japon, jusqu’à devenir un usage courant à l’échelle mondiale.[^3]
Aujourd’hui, il existe 3 953 emoji dans la norme Unicode, selon Emoji 17.0, approuvé en septembre 2025. Les 176 originaux font désormais partie de la collection permanente du Museum of Modern Art de New York.[^4]

Pourquoi les emoji ne sont pas une langue
Les linguistes sont unanimes sur ce point : les emoji ne constituent pas une langue. Cela importe, car on attend souvent des emoji qu’ils accomplissent plus de travail communicatif qu’ils ne le peuvent réellement. Ils manquent de toutes les caractéristiques essentielles qui définissent une langue.
Pas de grammaire. Il n’existe aucune règle sur la façon dont les emoji se combinent. La séquence 🍕❤️🎉 pourrait signifier « J’aime les soirées pizza », « pizza, amour, fête », ou rien de précis du tout. Il n’y a pas de syntaxe pour lever l’ambiguïté.
Pas de morphologie productive. Il est impossible de créer de nouveaux sens en modifiant un emoji comme on peut ajouter « -é » ou « -ant » à un verbe français. Le vocabulaire est fixé par un comité et n’évolue que lorsque Unicode approuve de nouveaux ajouts.
Pas de négation. Il n’existe aucun moyen fiable de dire « non » avec des emoji. On ne peut pas nier une affirmation, poser une question conditionnelle ou exprimer une situation hypothétique.
Pas de vocabulaire cohérent. Le même emoji signifie des choses différentes selon les personnes, les générations et les cultures. Selon une étude menée par Emojipedia et Prismoji, seulement 7 % des utilisateurs emploient l’emoji 🍑 pêche pour désigner réellement le fruit.[^5]
En réalité, les emoji servent de support paralinguistique — à l’image des gestes, du ton de la voix ou des expressions du visage. Ils complètent le langage écrit sans le remplacer. Lorsque vous ajoutez 😊 à un message, vous faites la même chose qu’en souriant en parlant : vous ajoutez une dimension émotionnelle à des mots qui, autrement, pourraient sembler plats ou ambigus.
Comme le résume Keith Broni, rédacteur en chef d’Emojipedia : les emoji sont « tout au plus un outil linguistique destiné à compléter notre langage ».[^6]
Concrètement, cela engendre trois problèmes récurrents :
- Les emoji ajoutent de la tonalité, mais ne remplacent pas la grammaire.
- Leur signification varie selon les cultures, les communautés et les générations.
- Les modifications de design sur les plateformes peuvent changer la façon dont un même emoji est perçu par le lecteur.
Un même emoji, des significations différentes
L’une des affirmations les plus répandues sur les emoji est qu’ils constituent une « langue universelle » — un code visuel qui transcende les barrières linguistiques. Ce mythe s’effondre dès qu’on observe la façon dont les emoji sont réellement interprétés à travers les cultures.
👍 Pouce levé. Dans de nombreux contextes occidentaux, ce geste signifie généralement l’approbation ou l’accord. Dans d’autres contextes culturels, notamment au Moyen-Orient, ce même geste peut être perçu comme impoli ou trop direct. Même au sein de la culture numérique anglophone, un simple 👍 peut sembler sec ou expéditif selon la relation et le contexte.[^7]
😊 Visage légèrement souriant. Les Américains le perçoivent souvent comme amical. Dans certains contextes en ligne chinois, ce même emoji peut suggérer la méfiance, le sarcasme ou une politesse distante. Parce qu’il est moins enthousiaste que 😄 ou 😁, il peut parfois être interprété comme réservé ou peu sincère, plutôt que chaleureux.[^6]
👏 Mains qui applaudissent. En Occident, cela signifie généralement des applaudissements ou des félicitations. Dans certains contextes de l’internet chinois, le son des applaudissements rappelle “啪啪啪” (pā pā pā), si bien que cet émoji peut prendre une connotation sexuelle.[^6]
😇 Ange / Auréole. Dans de nombreux usages occidentaux, cela suggère l’innocence ou la bonté. Dans certains contextes chinois, il peut être associé à la mort ou véhiculer une tonalité troublante.[^6]
🙏 Mains jointes. Les utilisateurs occidentaux y voient souvent une prière ou une demande (“s’il te plaît”). Au Japon, où les émojis sont nés, il est aussi couramment compris comme “merci” ou “je suis désolé”. Dans d’autres contextes, il n’est pas forcément associé à la prière.[^7]
👌 Signe OK. Dans de nombreux contextes, il signale l’approbation. Dans d’autres, il peut être perçu comme insultant ou chargé politiquement, ce qui en fait un mauvais candidat pour un symbole censé être universel.[^7]
👋 Main qui salue. Souvent un salut amical ou un au revoir, mais comme beaucoup d’émojis gestuels, sa tonalité varie selon les normes locales et les sous-cultures en ligne.[^7]
Une étude menée en 2017 sur les tweets liés au Ramadan illustre bien ce phénomène : les tweets en anglais, allemand, espagnol et turc utilisaient massivement ❤️ (cœur rouge), tandis que les tweets en arabe, ourdou et farsi privilégiaient 🌙 (croissant de lune). L’émoji 🙏 figurait dans le top trois chez les utilisateurs occidentaux et d’Asie du Sud-Est, mais seulement à la neuvième place chez les arabophones.[^6]
Il ne s’agit pas de simples malentendus isolés. Les recherches sur l’usage des émojis montrent de façon répétée que le contexte culturel, le rendu sur les différentes plateformes et les conventions locales influencent l’interprétation — ce qui signifie que les incompréhensions sont inhérentes au médium, et non limitées à des cas marginaux.[^8]
Le fossé générationnel
La fracture n’est pas seulement géographique — elle est aussi générationnelle. Les utilisateurs de la génération Z ont discrètement redéfini tout un pan d’émojis. Le crâne 💀 signifie désormais “je meurs de rire”, un usage qui déroute les milléniaux plus âgés qui l’interprètent littéralement. Le visage 😂 avec des larmes de joie, autrefois le rire par défaut sur internet, est de plus en plus jugé ringard par les plus jeunes, qui lui préfèrent 💀 ou 🗿.
Comme l’a observé Broni lors d’une interview en 2024, les utilisateurs de la génération Z pratiquent activement le « code-switching » avec les émojis : ils savent qu’il ne faut pas envoyer un 💀 à un collègue plus âgé qui risquerait de mal l’interpréter, et préfèrent utiliser 😂 lorsqu’ils adaptent leur ton à un autre public.[^13]

Comment un même émoji apparaît différemment sur chaque téléphone
Même lorsque deux personnes s’accordent sur la signification d’un émoji, elles ne voient pas forcément la même image. Chaque plateforme — Apple, Google, Samsung, Microsoft, WhatsApp — conçoit sa propre interprétation visuelle de chaque caractère Unicode. Les résultats peuvent varier considérablement.
L’exemple le plus célèbre est celui de l’émoji pistolet (🔫). En août 2016, Apple a remplacé son revolver réaliste par un pistolet à eau vert vif sur iOS 10. Le même jour, Microsoft a fait le choix inverse — transformant son pistolet laser jouet en revolver réaliste. Pendant des mois, un message envoyé pour plaisanter depuis un iPhone pouvait arriver sur un appareil Windows en semblant constituer une menace réelle.[^9]
Le problème plus large a également été documenté par la recherche : les rendus spécifiques à chaque plateforme peuvent modifier la perception du sentiment associé à un même émoji, parfois au point de changer la façon dont le message est ressenti par le destinataire.[^9]
En 2018, après la fusillade de Parkland et les manifestations contre la violence armée qui ont suivi, Google, Samsung, Twitter, Facebook et WhatsApp sont tous passés au pistolet à eau. Ce consensus a tenu jusqu’en juillet 2024, lorsque X (anciennement Twitter) est revenu à un pistolet M1911 réaliste, Elon Musk qualifiant la version pistolet à eau de produit du « virus mental woke ».[^9]
Au-delà du pistolet, le rendu multiplateforme pose chaque jour des problèmes plus subtils. L’émoji biscuit de Samsung ressemblait autrefois à une paire de crackers salés. L’émoji burger de Google était célèbre pour avoir le fromage sous le steak, ce qui a suscité tant de moqueries que Google a fini par corriger l’erreur. L’émoji « visage grimaçant » semblait réellement angoissé sur certaines plateformes et simplement gêné sur d’autres.[^10]
Les émojis devant les tribunaux
Les émojis ont fait leur entrée dans le domaine juridique — et les tribunaux peinent à suivre le rythme.
Cela ne signifie pas que les émojis sont intrinsèquement risqués. Cela veut dire que, dès lors qu’un message devient une preuve, de petits indices visuels peuvent soudainement prendre une importance démesurée.
Dans une affaire largement citée de 2017 en Israël (Dahan c. Shacharoff), un locataire potentiel a envoyé à un propriétaire des messages agrémentés d’émojis enthousiastes — dont une femme qui danse, une bouteille de champagne et un écureuil. Le propriétaire a alors retiré l’appartement du marché. Lorsque le locataire a cessé de donner des nouvelles, le tribunal a estimé que les émojis « soutiennent la conclusion que les défendeurs ont agi de mauvaise foi » et a accordé au propriétaire environ 2 200 $ de dommages et intérêts.[^11]
Aux États-Unis, le nombre d’affaires judiciaires impliquant des émojis comme preuves est passé de 33 en 2017 à 53 en 2018, avec près de 50 rien que pour le premier semestre 2019, selon Eric Goldman, professeur de droit à la Santa Clara University qui suit ce type de décisions.[^12]
Les affaires couvrent un large éventail de situations :
- Une fille de 12 ans en Virginie a fait face à des accusations criminelles en 2015 pour une publication sur Instagram comprenant les émojis pistolet, couteau et bombe, interprétés comme une menace de mort.[^9]
- Un homme de 22 ans en France a été condamné à trois mois de prison et à une amende de 1 000 € en 2016 pour avoir envoyé à son ex-petite amie un émoji représentant une arme à feu.[^9]
- Dans une affaire de traite d’êtres humains à des fins de prostitution en Californie, un expert a témoigné qu’une couronne, des talons hauts et des sacs d’argent constituaient des preuves de proxénétisme — la couronne étant une référence fréquente au « pimp ».[^12]
Le problème central est celui de l’interprétation. Il n’existe aucune directive judiciaire sur la manière dont les juges doivent traiter les émojis. Certains les décrivent oralement aux jurés au lieu de les leur montrer. D’autres omettent complètement les émojis des pièces à conviction. Comme l’a confié un avocat à CNN : « Quelqu’un peut utiliser des symboles menaçants, un pistolet, un doigt pointé, puis ajouter un symbole signifiant ‘je plaisante’. Beaucoup de choses peuvent se perdre dans la traduction. »[^12]
Qui décide quels émojis existent
Chaque émoji présent sur votre clavier existe parce qu’un comité l’a approuvé.
Le Unicode Consortium est l’organisation à but non lucratif qui maintient la norme Unicode — le système qui garantit l’affichage cohérent du texte sur tous les appareils et plateformes. Parmi ses membres votants figurent Apple, Google, Microsoft, Meta et d’autres géants de la tech. Chaque année, généralement entre avril et juillet, le consortium ouvre une période de soumission pendant laquelle n’importe qui peut proposer un nouvel emoji.[^3]
Les propositions doivent inclure des preuves de demande, un potentiel d’utilisation fréquente et une identité visuelle marquée. Le groupe de travail Emoji Standard & Research examine les soumissions, et le Unicode Technical Committee prend les décisions finales. Le processus dure environ 18 à 24 mois, de la proposition à l’intégration au clavier.
Cela signifie qu’un petit groupe de personnes — principalement des ingénieurs et chefs de produit des grandes entreprises technologiques — contrôle de fait le vocabulaire mondial des emoji. Les enjeux politiques sont bien réels. En 2016, Apple a réussi à faire pression sur le consortium pour qu’il rejette un emoji représentant un fusil. Cinq nouvelles teintes de peau ont été ajoutées en 2015, après des années de critiques sur le fait que les emoji étaient par défaut blancs. Les emoji de couples de même sexe sont également apparus cette année-là.[^9]
Depuis Emoji 17.0 (septembre 2025), les ajouts comprennent un visage souriant déformé, une orque, un coffre au trésor, des danseurs de ballet et une créature velue inspirée du Bigfoot.[^4]

Peut-on vraiment traduire les emoji ?
En 2017, l’agence de traduction londonienne Today Translations a recruté Keith Broni comme premier traducteur d’emoji au monde, parmi plus de 500 candidats. Sa mission : aider les entreprises à comprendre comment le sens des emoji varie selon les cultures et les plateformes, et conseiller sur leur usage approprié dans le marketing et la communication internationale.[^13]
Le travail de Broni suggère que la « traduction » des émojis répond à un véritable besoin de communication, et n’est pas qu’une simple nouveauté. Un pouce levé dans un e-mail marketing pourrait froisser certains clients. Un émoji d’applaudissements dans une campagne sur les réseaux sociaux chinois pourrait être mal interprété. Un visage légèrement souriant envoyé par un manager occidental à un collègue chinois pourrait sembler passif-agressif plutôt qu’amical.
Le défi dépasse la simple signification culturelle. Il s’étend à la réalité pratique : les émojis sont intégrés dans le texte, aux côtés de la langue réelle — et lorsque ce texte doit être traduit, le contexte de l’émoji compte.
Si vous travaillez dans un environnement multilingue et que vous devez communiquer clairement — que ce soit dans des e-mails professionnels, des textes marketing ou du contenu produit — la solution la plus sûre consiste à privilégier les mots et à utiliser les émojis avec parcimonie et intention. Si le message doit être traduit, il est préférable de traduire la phrase ou le document entier, plutôt que de supposer que l’émoji transmettra à lui seul le ton souhaité. Des outils comme OpenL peuvent faciliter la traduction de documents lorsque la clarté entre les langues est essentielle. Les émojis peuvent alors rester là où ils sont le plus efficaces : comme un assaisonnement facultatif, et non l’ingrédient principal.
Comment utiliser les émojis en toute sécurité à travers les cultures
Si vous communiquez entre différentes langues ou marchés, quelques habitudes simples permettent d’éviter la plupart des malentendus liés aux émojis :
- Utilisez les mots pour exprimer le sens, les émojis pour le ton. Ne vous reposez pas sur un émoji pour transmettre l’idée principale d’une phrase, surtout dans le support client, les contrats ou les messages marketing.
- Évitez les émojis de gestes dans les communications formelles à l’international. Les symboles comme 👍, 🙏, 👌 et 👋 sont précisément ceux dont l’interprétation varie le plus selon les cultures et les contextes.
- Testez les textes riches en émojis sur la plateforme cible. Un même message peut être perçu différemment sur iPhone, Android, Windows ou X, car l’affichage varie.
- Soyez particulièrement prudent avec l’humour, le sarcasme et la séduction. Ce sont justement les situations où le contexte culturel compte le plus et où les malentendus coûtent le plus cher.
- En cas de doute, abstenez-vous. Si le message fonctionne sans l’émoji, c’est souvent le choix le plus sûr pour une communication transfrontalière.
Ce que les émojis révèlent sur la communication
Les émojis ne sont pas une langue. Ils ne sont pas universels. Ils ne sont même pas cohérents d’un téléphone à l’autre, que ce soit le vôtre ou celui de votre collègue.
Ce qu’ils sont, c’est un miroir fascinant de la façon dont les humains communiquent. Nous avons besoin de contexte émotionnel dans nos messages écrits. Nous cherchons des raccourcis visuels quand les mots paraissent trop lents ou trop formels. Et nous nous méprenons constamment, inévitablement, les uns sur les autres — car le sens dépend toujours de la culture, du contexte et de la personne à l’autre bout du fil.
La prochaine fois que vous utilisez un émoji, souvenez-vous : la petite image que vous voyez n’est pas forcément celle que l’autre reçoit. Et le sens que vous souhaitez transmettre n’est pas toujours celui qui arrive.
C’est ce qui rend les émojis à la fois utiles et risqués. Ils peuvent rendre l’écriture plus chaleureuse et plus humaine, mais ils révèlent aussi à quel point la communication repose sur un contexte partagé, et non sur de simples symboles.
Dans une conversation informelle, cette ambiguïté est souvent sans conséquence. Dans le support client, le marketing international ou le domaine juridique, la même ambiguïté peut rapidement coûter très cher.
Lorsque les mots doivent franchir les barrières linguistiques, ne les laissez pas au hasard — ou à un 🙂 qui pourrait signifier quelque chose que vous n’aviez jamais envisagé.
Pour en savoir plus sur la façon dont le sens évolue selon les langues et les cultures, consultez nos guides sur 50 mots intraduisibles et pourquoi certaines langues n’ont pas de mot pour « s’il vous plaît ».
[^1] : « Inbox : The Original Emoji, par Shigetaka Kurita », MoMA. Le MoMA précise que le mot emoji vient de e (« image ») + moji (« caractère »).
[^2] : « Inbox : The Original Emoji, par Shigetaka Kurita », MoMA ; « SoftBank 1997 », Emojipedia. Ces sources présentent les 176 emoji de Kurita ainsi que le set SoftBank de 1997, antérieur.
[^3] : « UTS #51 : Unicode Emoji », Unicode Consortium ; « Unicode Version 6.0 : Support for Popular Symbols in Asia », Unicode Blog ; « Inbox : The Original Emoji, par Shigetaka Kurita », MoMA. Ces sources confirment l’historique d’Unicode 6.0, le nombre d’emoji par opérateur, et la diffusion des emoji dans la communication numérique grand public.
[^4] : « Emoji Counts, v17.0 », Unicode Consortium ; « Inbox : The Original Emoji, par Shigetaka Kurita », MoMA. Unicode fournit les chiffres actuels, et le MoMA documente l’acquisition des 176 emoji originaux de Kurita.
[^5] : Étude sur l’utilisation de l’emoji pêche par Emojipedia et Prismoji, décembre 2016.
[^6] : « Why emoji mean different things in different cultures », BBC Future, décembre 2018.
[^7] : « Beyond words : emoji patterns in cross-cultural branding », Humanities and Social Sciences Communications (2026). Cet article résume les différences interculturelles dans l’interprétation des emoji, notamment l’exemple du pouce levé et les différences Est/Ouest dans la lecture des expressions faciales.
[^8] : « A Systematic Review of Emoji : Current Research and Future Perspectives », Frontiers in Psychology (2019). Cette revue synthétise les preuves que l’interprétation des emoji varie selon les cultures, les plateformes et les contextes.
[^9] : « Cross-Platform Emoji Interpretation : Analysis, a Solution, and Applications », arXiv (2017) ; « X Redesigns Water Pistol Emoji Back To A Firearm », Emojipedia Blog (2024). L’article analyse les différences de perception selon la plateforme ; l’article d’Emojipedia documente la refonte de l’emoji pistolet à eau par X en 2024 et les changements précédents entre fournisseurs.
[^10] : « Meet a guy who makes a living translating emojis », CNBC, juillet 2017. Utilisé ici pour les exemples de rendu des cookies/biscuits et du burger.
[^11] : Dahan v. Shacharoff, 30823-08-16 (Herzliya Small Claims Court, 24 février 2017). Analyse par Eric Goldman, « How a Chipmunk Emoji Cost an Israeli Texter $2,200 », Santa Clara University.
[^12] : « Emojis Are Increasingly Coming Up In Court Cases », CBS News / CNN, juillet 2019.
[^13] : « The World’s First Emoji Translator », Today Translations, mai 2017.
[^14] : « Introducing Soundmojis on Messenger for Emoji Day », Meta Newsroom, 15 juillet 2021. Meta indique que plus de 2,4 milliards de messages contenant des emoji sont envoyés chaque jour sur Messenger.
[^15] : « New Earliest ‘Emoji’ Sets From 1988 & 1990 Uncovered », Emojipedia Blog, 13 mai 2024 ; « Sharp », Emojipedia. Ces sources datent le PA-8500 d’octobre 1988 et le décrivent comme le plus ancien ensemble de type emoji actuellement documenté.


